Les comptes de la France

La France dépense plus qu'elle ne gagne.

Depuis 1975. Chaque année.

Ça rentreImpôts, cotisations, ventes
1 562milliards €
Ça sortRetraites, santé, écoles, salaires, intérêts
1 714milliards €
Il manqueAlors on emprunte
152milliards €
On doit50 087 € par habitant
3 460milliards €

État, Sécu et collectivités réunis.

Emprunté depuis l'ouverture de cette page

0 €

4 807 € par seconde. Le trou de 2025, réparti sur l'année.

En 1 minute

  1. 25,90 €Combien on dépense, et pour quoi ? La France dépense plus qu'elle ne gagne, et sur 100 € dépensés, 25,90 € vont aux retraites, le premier poste, devant la santé. Voir le détail ↓
  2. 2eEst-ce que c'est beaucoup ? Oui : la France est le 2e pays d'Europe qui dépense le plus pour sa richesse, 234 milliards de plus par an que la moyenne, surtout pour les retraites et la santé. Voir le détail ↓
  3. 66 Md€Qu'est-ce que ça nous coûte ? Il manque de l'argent chaque année depuis 1975, alors on emprunte, et les intérêts ont coûté 66 milliards en 2025, plus que l'armée. Voir le détail ↓
  4. 4Qui décide, et qui vérifie ? Personne seul : le budget passe par quatre étapes, du gouvernement au Conseil constitutionnel, et la Cour des comptes relève chaque année des erreurs. Voir le détail ↓
1

Combien on dépense, et pour quoi ?

D'où vient l'argent de tous, et à quoi il sert.

Si c'était une entreprise.

Les comptes de l'année

Ce qui rentre
1 562Md€
Ce qui sort
1 714Md€
dont les intérêts de la dette
66Md€
Ce qui manque51e perte de suite. Dernier bénéfice : 1974.
−152Md€

Md€ = milliard d'euros. 2025.

En carrés

Payé : 156À crédit : 15

1 carré = 10 milliards €.

Ça rentre.

Chaque année, 1 562 milliards d'euros rentrent dans les caisses publiques : voici d'où ils viennent.

Impôts et cotisations seuls : 1 305 milliards. 43,6 % de la richesse produite.

Les niches.

Une niche, c'est un impôt qu'on décide de ne pas faire payer à certains, pour les aider ou les encourager. Il y en a 474.

Niches fiscales

91,8Md€

2025.

Niches sociales

89,4Md€

Cotisations effacées, 2025.

Aides aux entreprises

211Md€

2023. Aucun chiffre officiel.

Ça sort.

Voici à quoi servent 100 € d'argent public.

Répartition 2024, la dernière publiée.

Retraites et santé : 41,50 €.

Les intérêts de la dette coûtent plus que l'armée.

Les retraites, premier poste

422Md€

L'argent n'est pas mis de côté : les cotisations de ceux qui travaillent paient directement les pensions de ceux qui sont à la retraite. 17,3 millions de retraités, pension moyenne de 1 705 € brut.

1,8actif pour 1 retraité aujourd'hui
1,3actif pour 1 retraité en 2070

Pour aller plus loin

La fiche de paie

Ce que coûte un salaire, et où partent les cotisations.

La fiche de paie

Temps plein, 2026.

Au SMIC

Au salaire médian

Les cotisations paient la retraite, la santé, la famille, le chômage, les accidents du travail, la formation.

Cotisations patronales au SMIC : 42,6 % du salaire en 1991. 6,9 % en 2025.

L'impôt sur le revenu, et qui reçoit plus qu'il ne paie

Qui paie cet impôt, et l'équilibre entre les générations.

L'impôt sur le revenu

47 foyers sur 100 le paient.

Les 10 % les plus aisés paient près des trois quarts.

Le 1 % le plus aisé : 34,7 % (revenus 2022).

Qui reçoit plus qu'il ne paie ?

Tout compris : impôts, retraites, aides, écoles, hôpitaux. 2023.

Toute la population
56%
65 ans et plus
96%
Moins de 65 ans
43%

L'écart, 66 milliards, est payé par la dette.

Le bilan de l'État

Ce que l'État possède, et ce qu'il doit.

Au 31 décembre 2025.

Et ce n'est pas compté dedans : 1 428 Md€ de retraites déjà promises aux fonctionnaires.

Qui garde l'impôt ?

Comment les impôts se partagent entre les caisses, TVA comprise.

La Sécu, plus de la moitié.

La TVA est partagée

L'État en garde 46 %.

Taux : 20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %. Non payée en 2023 : 12,1 milliards.

À qui va l'argent ?

La dépense rangée par type : aides, salaires, achats, intérêts.

2025, en milliards.

Les niches en détail

Les plus grosses, les taxes promises et ce qu'elles rapportent, la fraude.

Les plus grosses

2025, en milliards.

Promis, encaissé

Taxe des très hauts revenusPromis : 2,0 Md€
0,4Md€
Surtaxe des grandes entreprisesPromis : 8,0 Md€
7,5Md€

2025.

La fraude

Fraude fiscale« 30 ou 130 Md€ » : personne ne sait
?
Fraude sociale, par an
14Md€
TVA non payée, 2023
12,1Md€
Contrôles 2025 : réclamé, encaissé
17,1 · 11,4Md€

Travail au noir : moins de 10 % récupéré.

À retenir

La France dépense plus qu'elle ne gagne, et la plus grosse part de l'argent sert à payer les retraites et la santé ; l'impôt sur le revenu, dont on parle tout le temps, n'en apporte qu'une petite part.

2

Est-ce que c'est beaucoup ?

On se compare aux pays voisins.

Les voisins.

Est-ce qu'on dépense plus que les autres pays ?

Pour comparer des pays de tailles différentes, on ramène tout à 100 € de richesse produite par le pays en un an. Exemple : pour 100 € produits en France, l'argent public en dépense 57,20 €.

Pourquoi la France dépense plus ?

Pour 100 € produits, la France dépense environ 8 € de plus que la moyenne de la zone euro. Ça fait environ 234 milliards d'euros par an. Voici où va cette différence :

Chiffres 2024, en milliards d'euros par an.

À retenir

La France dépense plus que presque tous ses voisins, surtout pour les retraites et la santé : si elle dépensait comme la moyenne, ce serait 234 milliards de moins chaque année.

3

Qu'est-ce que ça nous coûte ?

Quand on dépense plus qu'on ne gagne, on emprunte, et emprunter se paie.

Trois caisses.

L'argent public est rangé dans trois grandes tirelires : l'État, la Sécu, et les collectivités (les mairies, les départements et les régions).

Les impôts et cotisations, 1 305 Md€ payés par les ménages et les entreprises, partent vers trois caisses :

La Sécu733 Md€
L'État379 Md€
Les collectivités190 Md€

Ensuite, l'État reverse 55 Md€ aux collectivités, et il verse 23 Md€ à l'Europe, qui en dépense 16,5 en France.

L'État

Dépense
681 Md€
Encaisse
551 Md€
Manque
−130 Md€
Doit
2 892 Md€

86 % du trou.

La Sécu

Dépense
803 Md€
Encaisse
797 Md€
Manque
−6 Md€
Doit
293 Md€

Ses caisses principales (maladie, retraite, famille) perdent 21,6 Md€.

Les collectivités

Dépense
336 Md€
Encaisse
320 Md€
Manque
−16 Md€
Doit
276 Md€

Emprunt permis seulement pour investir.

Les caisses se versent de l'argent entre elles : leurs totaux ne s'additionnent pas.

Le trou.

Le déficit, c'est ce qui manque sur une seule année. Dernier budget à l'équilibre : 1974.

Ce qui manque chaque année, en % du PIB. Le PIB, c'est toute la richesse produite par le pays en un an. −5,1 % veut dire qu'il manque 5,10 € pour 100 € produits.

2025

−5,1%

Zone euro : −2,9 %.

La Sécu

−21,6Md€

Pire depuis 2012, hors Covid.

L'objectif

3%

En 2029.

La dette.

La dette, c'est l'addition de tous les trous depuis 1975. 3 460 milliards fin 2025, 3 536 fin mars 2026.

Ce que ça change pour vous

  • On emprunte chaque année310 milliards en 2026, pour boucher le trou et rembourser les anciens emprunts.
  • Les intérêts grossissent65,7 milliards en 2025, plus que l'armée. Plus de 100 milliards prévus vers 2029.
  • Cet argent ne sert à rien d'autreChaque euro d'intérêts ne paie ni une école, ni un hôpital, ni une baisse d'impôt.

En 2025, on doit 115,70 € pour 100 € produits en un an. La limite européenne, en bleu, est de 60 €. Dépassée depuis 2002.

Le prix de la dette

Intérêts payés par an, en milliards.

Rouge : la hausse depuis 2021. Pointillé : prévisions de la Cour des comptes.

Pour aller plus loin

Qui nous prête, et à quel prix

Qui détient la dette de la France, et à quel taux elle emprunte.

Qui nous prête ?

Dette de l'État, fin septembre 2025.

BCE et Banque de France : environ 600 milliards de dette française.

Le taux

Emprunt à 10 ans.

Fin 2025
3,56%
Août 2026Plus cher que l'Italie
4,00%
14 septembre 2026Plus haut depuis 2008
4,5%
À emprunter en 2026
310Md€

+1 point de taux : +11 milliards d'intérêts par an au bout de 3 ans.

Les notes de la France

Ce que pensent les agences qui notent les pays.

S&P et Fitch l'ont baissée en 2025.

S&P

A+

Baissée le 17/10/2025.

Fitch

A+

Baissée le 12/09/2025.

Moody's

Aa3

Risque d'être baissée. Décision le 23/10/2026.

À retenir

Comme il manque de l'argent chaque année, la France emprunte, et ces emprunts coûtent de plus en plus cher : 66 milliards d'intérêts en 2025, plus que l'armée.

4

Qui décide, et qui vérifie ?

Qui écrit le budget, qui le vote, et ce qui rate.

Qui décide ?

Pas une seule personne. Le budget passe entre beaucoup de mains.

Le budget, étape par étape

Chaque automne, deux textes : un pour l'État, la loi de finances, et un pour la Sécu, la loi de financement de la Sécurité sociale.

  1. Le gouvernement l'écrit.Le Premier ministre et ses ministres préparent les textes et les présentent au Parlement début octobre.
  2. Le Parlement le discute et le vote.577 députés et 348 sénateurs peuvent le modifier. S'ils ne sont pas d'accord entre eux, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot.
  3. Ou le gouvernement passe sans vote.Avec l'article 49.3, le texte est adopté sans vote, sauf si les députés renversent le gouvernement par une motion de censure.
  4. Le Conseil constitutionnel vérifie.Il peut annuler les articles contraires à la Constitution avant que le budget ne s'applique.

Budget 2026 : trois 49.3, promulgué le 19 février 2026.

Et le Président ?

Il n'écrit pas le budget et ne le vote pas.

Il nomme le Premier ministre, fixe de grandes orientations et peut dissoudre l'Assemblée nationale. Son poids sur le budget dépend surtout de la majorité dont il dispose à l'Assemblée.

Ceux qui décident d'une autre partie de l'argent

Élus locaux, syndicats et patronat, lois déjà votées
  • Les élus locaux34 875 conseils municipaux, 101 conseils départementaux et 18 conseils régionaux votent leurs propres budgets : 336 Md€ au total.
  • Les syndicats et le patronatIls gèrent ensemble l'assurance chômage et les retraites complémentaires des salariés du privé.
  • Les lois déjà votéesUne grande partie de la dépense suit des droits déjà inscrits dans la loi : pensions, remboursements de soins, allocations. Le budget de l'année ne les revote pas un par un.

Ceux qui contrôlent et encadrent

Cour des comptes, Europe, BCE, agences de notation
  • La Cour des comptesVérifie comment l'argent a été dépensé et publie ses rapports. C'est elle qui relève les ratés.
  • Le Haut Conseil des finances publiquesDit si les prévisions du gouvernement sont réalistes.
  • La Commission européenneSurveille le déficit et la dette des pays. La France est sous surveillance depuis juillet 2024.
  • La Banque centrale européenneFixe ses taux, 2,50 % depuis le 16 septembre 2026. Ils pèsent sur le prix auquel la France emprunte.
  • Les agences de notationNotent la capacité de la France à rembourser. S&P et Fitch ont baissé sa note en 2025.

Les ratés.

Les erreurs relevées noir sur blanc par la Cour des comptes, le gendarme de l'argent public.

Pour aller plus loin

L'Europe

Ce que la France lui verse, ce qu'elle dépense chez nous, ses règles.

L'argent

Solde 2024 : −7,9 milliards. La France est le 2e pays qui verse plus qu'il ne reçoit, après l'Allemagne.

Le plan de relance

Promis
40,3Md€
Reçu
34,2Md€
À rembourser dès 2028Jusqu'en 2058 au plus tard
2,3Md€/an

Reçu : fin septembre 2025.

Les règles

Déficit maximum
3%
Dette maximum
60%
France sous surveillanceDepuis juillet 2024
2029

10 pays surveillés, dont l'Italie et la Belgique.

Le taux de la BCE

2,50 % depuis le 16 septembre 2026.

Qui possède quoi

Tout ce que paie l'argent public, caisse par caisse.

Au-dessus : l'Europe. Elle fixe les règles. La France lui verse 23 milliards par an.

La France publique

1 714Md€

5,88 millions d'agents.

L'État

681 Md€ · 2,59 millions d'agents

Président et Parlement1,14 Md€
  • Assemblée : 607,6 M€
  • Sénat : 353,5 M€
  • Élysée : 122,6 M€
  • Chaîne parlementaire : 35,6 M€
  • Conseil constitutionnel : 20 M€
Budget 2026.
Gouvernement36
1 Premier ministre, 19 ministres, 16 ministres délégués.
Ministères453 Md€
  • École : 89,6 Md€
  • Défense : 66,5 Md€
  • Intérêts de la dette : 60,3 Md€
  • Recherche et universités : 31,6 Md€
  • Solidarité : 31,3 Md€
  • Police et gendarmerie : 25,8 Md€
  • Écologie et transports : 22,8 Md€
  • Logement : 22,6 Md€
  • Travail : 20,8 Md€
  • Justice : 13,0 Md€
Budget 2026.
431 agences de l'État73 Md€
401 310 emplois.
  • 71 universités : 12,8 Md€
  • France compétences : 11,8 Md€
  • France Travail : 3,3 Md€
  • CNRS : 3,1 Md€
  • Transports (AFITF) : 3,0 Md€
  • Agences de l'eau : 2,4 Md€
  • Anah : 2,2 Md€
  • CEA : 2,1 Md€
Organismes publics1 153
Plus 317 commissions. Promesse 2025 : en supprimer un tiers. Budget 2026 : 3 en moins.
24 autorités indépendantes0,8 Md€
  • Nucléaire (ASNR) : 350 M€
  • Bourse (AMF) : 128 M€
  • Santé (HAS) : 73 M€
  • Audiovisuel (Arcom) : 54 M€
  • CNIL : 31 M€
  • Défenseur des droits : 31 M€
86 entreprises209 Md€
Dividendes 2025 : 4,7 Md€.
  • 100 % : EDF, SNCF, RATP, France Télévisions, Radio France, Monnaie de Paris
  • Majorité : Orano 90 %, Chantiers de l'Atlantique 84 %, Naval Group 62 %, Aéroports de Paris 51 %
  • Minorité : La Poste 34 %, Air France-KLM 28 %, Thales 27 %, Engie 24 %, FDJ 21 %, Renault 15 %, Orange 13 %, Safran 12 %, Airbus 11 %
  • Via Bpifrance : STMicroelectronics 14 %, Stellantis 7 %
Dette de la SNCF reprise : 35 Md€.
Audiovisuel public3,86 Md€
  • France Télévisions : 2 426 M€
  • Radio France : 648 M€
  • France Médias Monde : 304 M€
  • Arte France : 298 M€
  • INA : 104 M€
  • TV5 Monde : 84 M€
Payé par la TVA depuis la fin de la redevance. France Télévisions : perte de 30,8 M€ en 2025, fonds propres de 294 à 179 M€.
Presse aidée175 M€
2024, 527 journaux.
  • Aujourd'hui en France : 12,2 M€
  • Le Figaro : 9,9 M€
  • La Croix : 8,1 M€
  • Le Monde : 7,8 M€
  • Libération : 6,6 M€
Plus l'AFP : 120 M€.
Caisse des Dépôts3,3 Md€
Versés à l'État pour 2025. Possède 66 % de La Poste.
Banque de France0 €
Aucun dividende en 2023, 2024, 2025. Perte de 7,7 Md€ en 2024.

La Sécu

803 Md€ · 1,25 million d'agents à l'hôpital

Retraites422 Md€
  • 17,3 millions de retraités
  • 1,8 cotisant par retraité. 1,3 en 2070.
  • Pension moyenne : 1 705 € brut
  • Départ moyen : 63,1 ans
La réforme de 2023, qui devait repousser l'âge de départ de 62 à 64 ans, est en pause : 1,8 Md€ par an.
Maladie274 Md€
  • Médecins : 117,5 Md€
  • Hôpitaux et cliniques : 112,8 Md€
  • Handicap et grand âge : 34,3 Md€
Objectif 2026. Trou 2025 : 15,9 Md€.
Hôpitaux publics113 Md€
1 330 hôpitaux. Déficit : 2,3 Md€. Dette : 30 Md€.
Famille58,5 Md€
Allocations, garde, naissance. Excédent : 1,2 Md€.
Autonomie41,8 Md€
Grand âge et handicap.
Accidents du travail15,7 Md€
Payé par les employeurs.
Chômage45,3 Md€
2,6 millions d'indemnisés. Dette : 59,2 Md€. L'État a pris 12 Md€ dans sa caisse depuis 2023.
Retraites complémentaires92 Md€
Réserves : 11 mois de pensions.
Vieille dette de la Sécu121,7 Md€
Reste à rembourser. Payé par la CRDS. Fin prévue : 2033.
Dette à court terme de la Sécu68 Md€
Dette fin 2026. Près de 150 Md€ en 2029 sans changement. Alerte de la Cour : risque de ne plus pouvoir emprunter.

Les collectivités

336 Md€ · 2,06 millions d'agents · 569 609 mandats d'élus

18 régions38,9 Md€
Trains régionaux, lycées, apprentissage.
101 départements77,8 Md€
  • RSA : 10,7 Md€
  • Grand âge : 7,0 Md€
  • Aide à l'enfance : 6,5 Md€
Collèges, routes, pompiers. 16 en difficulté.
1 252 intercommunalités48,6 Md€
Déchets, eau, transports.
34 875 communes115,8 Md€
Écoles, cantines, voirie, sport. 37 % des communes de toute l'Union européenne.
8 113 syndicats18,8 Md€
Services partagés entre communes.
Argent de l'État108 Md€
Versés par l'État aux collectivités en 2026 : 55 Md€ de dotations, 42 d'impôts partagés, 10 de compensations.
À retenir

Personne ne décide seul : le budget passe entre le gouvernement, le Parlement et beaucoup d'autres, et la Cour des comptes trouve chaque année des erreurs, souvent informatiques.

Et maintenant, qu'en faire ?

  • Devant une promessePosez-vous trois questions : combien ça coûte, qui va payer, et comment on saura si ça a marché.
  • Pour vérifier un chiffreGardez cette page : chaque chiffre renvoie à sa source officielle, pour vérifier ce que vous entendez.
  • Les prochains rendez-vousLa dette le 29 septembre, le budget 2027 présenté début octobre, la note de Moody's le 23 octobre.

Ma lecture.

Tout ce qui précède, ce sont des chiffres. Ici, c'est mon avis.

« Si la France était mon entreprise, la première chose que je voudrais, c'est voir tous ses comptes au même endroit. »

Je voulais comprendre, simplement et factuellement, comment tient le budget de mon pays. J'ai passé des semaines dans ces comptes, le soir, un rapport après l'autre, jusqu'à ce que les chiffres finissent par raconter quelque chose. Je m'attendais, je l'avoue, à trouver des coupables ; je n'ai trouvé ni méchant ni coupable idéal, mais un défaut de construction, ce qui est peut-être plus inquiétant, parce qu'un défaut de construction ne disparaît pas quand on change les personnes.

Si la France était mon entreprise, la première chose que je voudrais, c'est voir tous ses comptes au même endroit. Or l'argent public passe par l'État, par la Sécurité sociale, par près de trente-cinq mille communes, par des centaines d'agences et plus d'un millier d'organismes, qui ont chacun leurs comptes, leurs logiciels et leurs règles, si bien que personne, nulle part, ne tient l'ensemble. Avec les communes, nous le voyons chaque jour : chaque échelon tient son périmètre, les institutions se chevauchent, et ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est que rien, dans la structure, ne pousse à regarder le tout. Génération après génération, on a empilé des règles, des caisses et des logiciels, chacun avec de bonnes intentions, et l'on a fini par bâtir une machine que plus personne ne sait lire, pas même ceux qui la font tourner.

C'est pourquoi je crois que le problème est informatique avant d'être politique, et même mathématique. Des comptes éparpillés ne s'additionnent pas proprement, et ce qu'on ne peut pas additionner, on ne peut ni le mesurer, ni le comparer, ni relier une promesse à son résultat. Les ratés que j'ai trouvés dans les rapports officiels ne sont pas des accidents isolés, ce sont les symptômes d'un même mal : un site des impôts qui taxe un million de personnes par erreur, trois cents faux garages qui immatriculent un million de voitures, des aides aux entreprises que le Sénat estime à 211 milliards d'euros sans qu'aucun chiffre officiel ne les mesure, une fraude fiscale dont personne ne sait si elle coûte 30 ou 130 milliards.

La dette, au fond, se nourrit de cet aveuglement. Chaque erreur qu'on ne voit pas, chaque doublon qu'on ne détecte pas, chaque promesse qu'on ne mesure pas vient s'ajouter à une facture que nous ne payons pas nous-mêmes, mais que nous laissons à nos enfants.

Un système éclaté est aussi un système exposé. Mille bases, ce sont mille portes et mille serrures différentes, sans personne pour s'apercevoir qu'une porte a été forcée, si bien que dans les grandes institutions, une intrusion peut passer inaperçue pendant des semaines. La cybersécurité n'est pas un sujet à part : c'est le même défaut de construction, vu sous un autre angle.

Pour la première fois, pourtant, nous avons les moyens de le réparer. Une machine peut aujourd'hui croiser en quelques secondes ce qu'aucune équipe humaine ne pourrait rapprocher en une vie, la dépense d'un ministère, la subvention d'une région, la déclaration d'une entreprise, l'immatriculation d'une voiture, et signaler l'incohérence avant qu'elle ne coûte. Elle ne décide de rien ; elle rend visible ce qui ne l'était plus, et laisse aux humains ce qu'ils font de mieux : juger, choisir, et répondre de leurs choix. C'est ce que nous construisons à l'échelle d'une commune, et je suis convaincue que ce qui tient pour une commune peut, un jour, tenir pour un pays.

En attendant, un citoyen qui ne comprend pas vote à l'aveugle. Alors, la prochaine fois qu'un candidat vous promettra quelque chose, posez-lui trois questions toutes simples : combien cela coûtera-t-il, chaque année ; qui le paiera, par un impôt, une économie ailleurs ou un emprunt de plus ; et comment saura-t-on, chiffres à l'appui, si cela a marché. Si l'on jugeait sur un bilan plutôt que sur une impression, on ne se demanderait plus qui est le plus convaincant, mais seulement qui a tenu ses comptes ; et je crois, au fond, que le problème n'est pas qui l'on élit, mais ce que l'on récompense.

Alison Tartary

Toutes les sources

Encore incertain : budget 2027 attendu début octobre 2026. Comptes 2025 provisoires. Fraude fiscale totale : aucun chiffre officiel récent. Notes des agences en 2026 et taux du 14 septembre : lus dans la presse.